Flash : encore un exemple du problème des dépendances privatives pour un logiciel sous licence libre
Par idoric le samedi, mai 12 2007, 12:22 - Lien permanent
À la question de savoir si un logiciel sous licence libre peut être considéré comme véritablement libre alors qu'il repose sur l'usage de logiciels tiers privateurs, j'ai déjà eu l'occasion de clairement répondre par non, et de m'en expliquer lors de l'annonce de la future libération du Java de Sun sous licence GPL, et dont la première vague vient justement de devenir effective effective. Cette limitation enfin éliminée, j'ai pu commencer à découvrir des logiciels (libre et java) jusqu'alors ignorés et j'ai enfin pu apprécier leur qualité et le travail de leurs développeurs : logiciels de géométrie dynamique, Azureus qui s'avère un client BitTorrent de référence, et récemment Volity (ma chute de production de post sur ce blog a d'ailleurs à voir avec un petit travail que je réalise sur ce projet).
Malheureusement, à côté de cette grande victoire du libre, un autre language fermé et reposant sur un logiciel privateur commence à être utilisé de même pour écrire des applications libres : il s'agit de Flash d'Adobe. J'ai eu à affronter ce problème en découvrant (pour les besoins de mon métier) Mathenpoche. Les versions finalisées des différentes parties de cette application sont au fur et à mesure libérées sous licence GPL, mais pour fonctionner, il faut un navigateur avec le plugin flash.
Or, utiliser un logiciel privateur, c'est s'obliger à subir les caprices de l'éditeur. Et j'ai justement ici un superbe exemple de ce genre de caprice. Pour configurer votre plugin flash, il vous faut obligatoirement passer par leur site web ! On peut voir où est leur intérêt de nous obliger à passer par leur site, mais cette obligation peut s'avérer être une véritable plaie. Ici, si j'ai été testé Mathenpoche, c'est pour répondre à la demande d'un élève qui voulait pouvoir travailler sur l'ordinateur de sa tante qui n'a pas d'accès internet. Et là, un véritable problème se pose : déclarant le faire au nom du risque d'un problème de sécurité, le plugin refuse de faire fonctionner l'ensemble sauf à changer sa configuration... et là je pense que vous voyez le problème.
En farfouillant, j'ai fini par trouver des gens bien attentionnés ayant réalisé une image CD parfaitement fonctionnelle (voir la question «J'ai un élève qui souhaite travailler à domicile mais il n'a pas accès à Internet. Que puis-je lui proposer ?» de cette page), mais pour réussir cet exploit, ils ont été obligé de lancer un serveur (sur votre ordinateur local) à partir duquel les données sont envoyées. Bref, beaucoup de complications qui auraient pu être évitées en faisant le choix d'un autre language, ou ici d'un autre plugin comme le plugin java par exemple ;) D'autant qu'un contournement ne sera peut-être pas toujours possible : utiliser un logiciel dont on ne peut contrôler le développement et les possibilités limite dans le même sens le développement et les possibilités des logiciels qui utilisent celui-ci, même si ces derniers sont eux-même libres.