1. L'inefficacité de la grève

Le principe de la grève, ce n'est pas tant de ne pas travailler, mais de faire perdre des sous à l'employeur. En France, cela se traduit en un rapport de force où le travailleur perd de l'argent à ne pas produire, mais en faisant perdre du même coup au patron qui n'a plus rien à vendre. Au japon, cela consiste souvent à travailler deux fois plus, pour obliger le patron à dépenser plus pour le stockage du surplus de production.

Or, en cas de grève dans l'É.-N., celle-ci ne perd pas d'argent, au contraire elle ne verse pas un trentième du salaire du gréviste, et l'État touche les taxes portant sur les dépenses imprévues des parents comme la garde de ceux-ci par exemple, et cerise sur le gâteau, elle donne une encore plus mauvaise image des enseignants auprès de ceux qui votent pour le choix de leur employeur...

(Entendons-nous bien, je ne suis évidemment pas en train de dire que l'É.-N. ne produit rien, mais que l'immense richesse qu'elle produit est entièrement non marchande : l'éducation et l'instruction des nouvelles générations, qui est essentielle pour la compétitivité économique et surtout le bon fonctionnement démocratique de notre pays.)

La question est donc : comment l'enseignant peut faire perdre de l'argent à son employeur, l'État ?

2. Retrouver le rapport de force via la déduction des dons sur les impôts

Même si ça n'est pas à exclure a priori, j'avoue ne pas avoir trouvé de façon de rendre sympathique la contestation enseignante et/ou faire perdre de l'argent à l'État en commençant par lui laisser un trentième de mon salaire en abandonnant les élèves à leur sort. Partant de là, je présente ici mon idée, elle n'est pas parfaite, mais je n'ai pas trouvé mieux : faire don de l'argent gagné ce jour-là (et le faire savoir).

Un enseignant en début de carrière gagne 38 € par jour, si les plus de 700 000 enseignants du public faisaient grève, l'état économiserait plus de 26 600 000 €, mais s'ils donnaient cet argent, par exemple, aux restaurants du cœur, 75% de cette somme serait décompté de impôts (dans la limite d'un don de 488 € et de moins de 20 % du revenu annuel), ce qui ferait perdre à l'État plus de 19 950 000 €.

En plus, il est plus intéressant au niveau financier de faire don de l'argent gagné ce jour-là plutôt que de faire grève. En effet, sur ces 38 €, 2 € vont aux impôts, l'enseignant en début de carrière perd donc 36 €. Mais s'il donne cet argent aux restaurants du cœur, 75 % étant déduit de ses impôts à payer, il ne perd «que» 9,5 €...

3. Faire et faire savoir

C'est une somme loin d'être négligeable et qui est peut-être sous-estimée (soit j'ai supposé que les 700 000 faisaient grève, mais j'ai aussi supposé que nous étions tous en début de carrière et j'ai effectué mes calculs avec des 31unièmes de salaires...), mais on peut aller plus loin : faire connaître cette sympathique action au public. Il est vrai que c'est assez difficile dans le cadre de la neutralité politique et philosophique des établissements scolaires, mais vu qu'on fait des collectes pour les restos du cœur dans certains établissements... Pour cela, j'ai bricolé une affiche que je mets ici à disposition au format pdf pour impression, ainsi que le fichier vectoriel original pour modification. Personnellement, j'ai demandé à mon principal qui a dit n'être pas dérangé si c'était affiché à l'intérieur de ma salle. Pour aller plus loin, il faudrait que telles actions soient reprises à leur compte par les syndicats pour être comptabilisées, d'autant qu'avec le paiement en ligne des restos du coeur et d'autres associations, il serait possible de marquer le coup en payant le jour même.